Olga Galatanu et Aspacia Nanaki
Le dispositif d'accueil des chercheurs étrangers
Olga Galatanu, présidente de l'association chercheurs étrangers, vice-présidente aux relations internationales de l'université de Nantes et Aspacia Nanaki, chargée de mission de l'association, parlent avec passion d'un projet qui devient réalité : la maison des chercheurs étrangers, ouverte depuis mi-juin, Chaussée de la Madeleine.
Olga Galatanu, venue relever un défi professionnel n'a jamais voulu repartir de Nantes après avoir beaucoup voyagé. Aspacia Nanaki est arrivée pour ses études et est restée dans une ville "qui capture" et dont le bout de l'île de Nantes récemment aménagé lui rappelle un "petit morceau de Crète".
Internationales sans aucun doute, mais également Nantaises, elles font la promotion de Nantes auprès des chercheurs étrangers. Leur mission ne s'arrête pas là. Objectifs de l'association, insertion dans un projet global de promotion de Nantes Métropole à l'international et perception du public cible sont les ingrédients qui composent l'équilibre du projet.
"L'association Chercheurs étrangers est née en 2001 avec l'idée de répondre à la demande de création d'une maison internationale, avec des logements et une animation, dans l'objectif de rendre visible l'international à Nantes" explique Olga Galatanu. L'association chercheurs étrangers devait donc répondre en premier lieu aux demandes de logement, besoin prioritaire. Les missions de l'association ne s'arrêtent cependant pas là.
Trois missions principales
L'accompagnement des chercheurs en amont de leur arrivée à Nantes répond à la première demande des chercheurs accueillis dans les laboratoires nantais : l'aide logistique et administrative est évidemment la première demande. Mais la dimension humaine avec l'appui à l'intégration culturelle est primordiale. L'association organise des visites d'institutions phare du territoire, comme le Château des Ducs de Bretagne qu'Aspacia visite régulièrement depuis sa réouverture ! Pour parfaire la connaissance de Nantes et du territoire, un accompagnement linguistique est également proposé.
Faire découvrir au nouveau Nantais les autres laboratoires "afin qu'il ne s'enferme pas ni dans son laboratoire d'accueil, ni dans sa propre recherche" insiste Olga Galatanu, répond à une deuxième attente. Depuis 2003, de nombreuses soirées d'accueil et de rencontres ont été organisées. Un double objectif est fixé à ces animations : les laboratoires présentent leurs travaux et exposent aux chercheurs étrangers le potentiel de la recherche à Nantes. La maison des chercheurs ouverte depuis peu comporte des salles de conférences permettant d'accueillir désormais ce type de manifestation.
La troisième mission est de valoriser la présence des chercheurs étrangers dans la cité en participant à la vulgarisation de la recherche. "Nantes accueille beaucoup de recherche de pointe, de laboratoires prestigieux avec des invités de marque" indique Olga Galatanu, "il est important que le territoire mette en valeur cette richesse."
La vice-présidente de l'université indique que la philosophie de ces missions doit pouvoir profiter aux étudiants étrangers à Nantes comme à ceux qui veulent enrichir leur cursus par une année dans une université étrangère.
La valorisation de l'international
La maison des chercheurs étrangers ne sera pas la seule structure d'accueil physique pour le monde universitaire. Les membres fondateurs de l'association, dont Nantes Métropole, ont voulu que la Maison des échanges internationaux et de la francophonie (MEIF) soit proche de la maison des chercheurs. La MEIF est un guichet unique d'accueil et un portail de la mobilité pour les étudiants nantais. La MEIF est animée par l'association "autour du monde" fondée par... Aspacia Nanaki. Cette maison ne propose pas de logements aux étudiants mais de la documentation, une aide logistique et des animations.
La combinaison des deux structures travaillant en étroite collaboration est unique en France. Ainsi "autour du monde" propose depuis quelques années des cafés polyglottes, et renforce pour les étrangers cette capacité à apprendre notre langue. S'inspirant de cette expérience et s'appuyant sur l'institut de recherche et de formation en français langue étrangère (IRFFLE)
, l'enseignement du français aux chercheurs est unique en France : l'association chercheurs étrangers paiera des cours aux chercheurs, cours donnés par des étudiants du master professionnel.
Tout ce travail, destiné à la réussite du séjour professionnel du chercheur, a évidemment un intérêt pour la ville. Le Pôle de recherche et d'enseignement supérieur (PRES) "Nantes Atlantique Universités" participe à cet élan donné à l'international, avec la mise en relation des écoles, des laboratoires de recherche, de l'université et des chercheurs.
L'association permet de créer une mémoire de tout ce travail, des collaborations et des ressentis des chercheurs accueillis. "L'association n'est pas une association de chercheurs mais bien d'institutions" souligne Olga Galatanu.
Le regard des chercheurs sur l'association"Le retour des chercheurs, public cible de l'association, sur l'accueil et l'accompagnement à Nantes est très positif." L'ouverture opérationnelle de la maison des chercheurs à la rentrée rendra la logistique plus simple et la convivialité accrue. Logements, salle de conférences certes, mais aussi salon, cafétéria et animations "pour garder de son séjour autre chose que la sensation d'être à l'hôtel" confirme Olga Galatanu, qui a été elle-même hôte de structures analogues à l'étranger.
Les chercheurs ont connaissance de l'association par plusieurs canaux : par leur laboratoire d'accueil, par le site internet et par le réseau ERA More dont l'université de Nantes et l'association ont le label "centre européen de mobilité pour les chercheurs européens en Pays de la Loire".
Une reconnaissance et des développementsL'association chercheurs étrangers ne voit pas en l'ouverture de la maison des chercheurs l'aboutissement de ses efforts. C'est la suite du travail de fond pour la valorisation de l'international de l'université et du territoire. "La coordination est réelle entre toutes les institutions pour faciliter l'accueil des étudiants et des chercheurs étrangers. Et également pour renforcer la mobilité des étudiants nantais : 1600 étudiants mobiles en 1996, 3500 en 2006.
La marge de progression est importante : les étudiants nantais sont également des ambassadeurs du territoire à l'international.