Les services regroupent 61,2% des emplois du territoire
+ 5 391 : c’est le solde des créations d’emplois salariés réalisées en 2006 dans les établissements industriels et de services installés sur les 24 communes de Nantes Métropole, selon les données publiées en août par l’unedic, et analysées par l’agence de développement économique.
Avec un taux de croissance annuel de 2,6%, l'emploi salarié privé continue de progresser à un rythme sensiblement supérieur à la moyenne nationale (+1,5% enregistrés dans l'hexagone sur la même période). Sur les deux dernières années, les entreprises locales ont ainsi généré la création de 10.500 postes salariés. Une performance exceptionnelle, résultant d'évolutions sectorielles toutefois contrastées, qui modifie progressivement le marché de l'emploi et crée un nouvel environnement pour les entreprises locales.
La tertiarisation se poursuitPremier enseignement de la publication des données de l'emploi salarié privé : la tertiarisation de l'économie locale se poursuit. La création d'emplois dans les services (commerce exclu) représente désormais plus de 93% du solde total des emplois créés sur une année. Le secteur compte désormais près de 130.000 emplois, soit 61,2% de l'emploi salarié privé (contre 60,4% l'année précédente).
Si quasiment toutes les activités de services évoluent positivement, on notera encore une fois, et de manière plus marquée encore que les années précédentes, le rôle moteur des activités informatiques, qui totalisent à elles seules un solde de 900 créations d'emplois sur l'année, contre 700 en 2005 - soit un taux de croissance annuel de 12 %.
Les services opérationnels aux entreprises (sécurité-nettoyage-gardiennage) constituent toujours le premier poste de créations d'emplois tertiaires (+1200 postes en 2006), même si le taux de croissance de ces activités est contenu à +7% au cours de la dernière période, contre près de 9% l'année précédente.
Autre facteur structurel de croissance de l'emploi tertiaire, et qui traduit a montée en gamme technologique de l'économie locale, l'agrégat études techniques/ingénierie/R&D croît pour sa part de 9 %, soit 440 postes.
Traditionnellement sous-représentées dans le tissu économique local, les activités de conseil pour les affaires et la gestion, comptables et juridiques, ainsi que les agences de communication confirment leur développement selon une logique de rattrapage rapide : + 460 postes, soit +9%.
Dernier moteur de la tertiarisation économique locale, le boom des activités immobilières qui, sur un an, ont généré la création de près de 250 emplois salariés, soit un taux de croissance de 11% : le secteur bénéficie tout à la fois d'un effet de rattrapage (il était très nettement sous-représenté par rapport à la moyenne des grandes métropoles françaises) et d'une conjoncture particulièrement favorable pour les activités immobilières, liée aux développements de nouveaux programmes et à la croissance démographique du territoire.
Le BTP vent en poupe... Avec un taux de croissance annuel de l'emploi de 4,5%, soit 642 postes, supérieur à celui déjà exceptionnel enregistré en 2005, le BTP continue d'afficher d'excellentes performances, essentiellement liées aux chantiers immobiliers en cours.
Le commerce relève la têteMême si le taux de croissance de l'emploi salarié y demeure inférieur à la moyenne des activités (+0.7%), le commerce dans son ensemble progresse, tiré essentiellement par le commerce de gros (+240 postes sur l'année), et particulièrement pour les fournitures et équipements industriels.
Pour le commerce de détail, la tendance est à la concentration (baisse continue du nombre d'établissements) et à la stabilité en termes d'emplois. L'analyse géographique indique des taux de croissance généralement positifs dans les communes périphériques, notamment grâce aux supermarchés, tandis que dans la ville centre, l'emploi régresse (-2% sur l'année).
L'industrie marque le pasA la différence de l'année précédente, le solde des emplois industriels apparaît en négatif sur l'année 2006 : l'industrie regroupe désormais 13,7% des emplois salariés privés du territoire, contre 14,3% l'année précédente. Ce sont près de 550 postes qui ont été détruits en 2006 sur les 24 communes de l'agglomération.
Cette tendance (-1,8%) s'inscrit dans un mouvement général de recul de l'emploi industriel en France (-50 000 emplois sur un an dans l'ensemble de l'hexagone, soit -1,4%).
Il n'en demeure pas moins qu'elle représente une rupture avec la situation observée l'an passé, où la stabilité des effectifs industriels prévalait à l'échelle territoriale.
La tendance ne semble pas concentrée sur un type particulier d'activités, même si l'ensemble matériaux-mécaniques et aéronautique échappe à la baisse (+1% d'effectifs sur l'année). Un élément d'évolution qui demandera à être observé de près avec les effets à venir des restructurations d'airbus, conjugués au développement maintenu du pôle industriel autour de la zone de Bouguenais.
C'est sur la ville-centre, qui concentre à elle seule 90% du solde des destructions d'emploi du secteur, que la baisse des effectifs industriels s'observe de la manière plus marquée : Nantes enregistre ainsi une baisse de 5% de ses effectifs industriels sur l'année. L'hypothèse la plus réaliste pour expliquer ce phénomène est celle de déménagements d'entreprises, en quête de solutions foncières plus avantageuses en périphérie, voire en lisière de l'agglomération.
Un marché de l'emploi progressivement modifié La création continue d'emplois salariés a pour corollaire une baisse très sensible du chômage sur le territoire : en dix ans, la Loire-Atlantique est passée du 71ème au 34ème rang national pour son taux de chômage (classé par ordre croissant), ce qui constitue la meilleure performance des 99 départements français.
Elles traduisent une baisse du chômage très nette pour le territoire, avec des performances mesurées au 30 juin qui placent le taux de chômage départemental à 7,1%, tandis que les données disponibles par zones d'emploi (mesurées, elles au 30 mars) font apparaître un taux de 7,2% pour la zone d'emploi de Nantes.