Une vie sur tous les fuseaux horaires : Singapour, Londres, New York, la Californie. La famille Férey a vécu dans le monde entier. Revenu en France, à Paris, la cadence ne s’est pas ralentie pour Thierry Férey, alors manager international chez Microsoft. Rompu aux voyages hebdomadaires et aux aéroports, Thierry a saturé de ce rythme qui bousculait sa vie de famille.
Ensemble, la décision de quitter Paris pour gagner de l'espace et du temps s'est imposée. Après avoir étudié plusieurs villes, les Férey ont choisi Nantes pour s'installer avec leurs deux enfants, avec pour objectif de s'insérer dans la vie professionnelle nantaise.
Le choix de la qualité de vie« Le dilemne que nous avions était soit une carrière à tout prix soit un équilibre, surtout familial. ». La deuxième option a été choisie en avril 2007, avec pour cahier des charges de s'installer dans une capitale régionale, bien desservie en transports, dynamique culturellement et avec des possibilités de formation pour les enfants. « Nous avions entendu beaucoup parlé de Nantes, de sa qualité de vie. Nous avons visité la ville à Pâques et avons été conquis par la qualité humaine des Nantais, différente des Parisiens. »
Installés depuis l'été, la qualité de vie est passée « de rien à tout ». La baisse du stress est notable pour ces anciens parisiens ravis par la proximité de la mer et la qualité de l'aide à l'enfance et des services en général.
Finalement, la problématique reste aujourd'hui la recherche d'emploi de Thierry, qui est cependant très actif et a choisi de s'adapter au tissu local plutôt que de chercher à recréer ce qu'il avait quitté.
L'emploi : facteur décisif et interrogationsLe choix de Nantes, en concurrence avec Rennes et Toulouse, a été définitif grâce à une opportunité professionnelle pour son épouse. Cadre au siège parisien de la Banque Postale, une mutation vers la direction régionale à Nantes a été acceptée, ouvrant aussi de belles perspectives professionnelles.
De son côté Thierry Férey décide de rompre avec quinze ans d'une carrière internationale, de quitter l'entreprise et de mettre ses compétences au service des acteurs locaux à Nantes.
Le profil atypique de Thierry, habitué des comités de direction de grosses entreprises, a dérouté les acteurs d'emploi lorsqu'il a entrepris de retrouver un poste à Nantes.
La conclusion de ces premiers échanges a été une nécessaire redéfinition des repères car son profil est en inadéquation avec l'environnement local.
Pour Thierry « il faut savoir faire preuve de beaucoup d'humilité et savoir prendre son temps. Lorsque l'on est le Parisien qui débarque, le milieu professionnel peut être fermé : la démarche terrain et le réseau sont des éléments primordiaux pour s'insérer au niveau local ».
Associations d'entrepreneurs, Medef, CCI, business-angels, Ouest Entreprendre, les associations professionnelles sont les leviers à actionner pour connaître du monde et se faire connaître. En effet « les candidatures spontanées ont pour moi été des échecs. C'est par le contact humain que l'on peut déceler les opportunités ».
Savoir prendre son temps et rebondirRetrouver un emploi rapidement après une mobilité géographique est possible, tout dépend du profil professionnel. Pour Thierry, trois options se sont présentées : reprendre la vie d'avant avec les opportunités d'un poste basé à Paris ; privilégier l'équilibre avec un choix personnel de prendre le temps « ce qui peut être long et déconcertant » et enfin se dire que la mobilité est le moment de créer une entreprise.
« Monter un projet permet de rencontrer une multitude d'acteurs locaux, d'alimenter le réseau économique local par son travail... ». C'est cette voie que Thierry a choisie, sans abandonner l'idée de mettre son expérience, ses compétences au service d'une entreprise locale.
Comme il le dit lui-même, Thierry est « un citoyen du monde » qui a eu envie de se poser à Nantes, d'agir localement sans jamais oublier l'international.
Le bonheur est peut être tout simplement « glocal ».