Pack saucisse sèche Bioporc *
Si la vogue des produits biologiques va de pair avec l’importance accordée au développement durable, « bio » ne veut pas toujours dire « écolo ». En bannissant le recours à des engrais, pesticides et autres produits chimiques dans la production agricole, les produits bio préservent certes l’environnement. Mais quand ces produits parcourent des milliers de kilomètres ou sont présentés dans des emballages peu écologiques, ils ne sont pas plus respectueux de l’environnement que les autres. C’est cette contradiction que le projet Biotifood s’attache en partie à résoudre, en travaillant sur l’emballage des produits alimentaires biologiques.
Né dans le cadre d'un appel à projets régional sur le design « DESIGN'IN », Biotifood a été initié par les sociétés nantaises
Food Development - société prestataire de services en R&D pour les industries agroalimentaires -,
Sensipode - agence de design stratégique -,
Evea - agence de conseil en éco-conception et d'évaluation environnementale -, et la section BTS « design de produits » du
lycée Jean Monnet aux Herbiers (membre du réseau Design A4), en partenariat avec le
syndicat des transformateurs de produits bio des Pays de la Loire (membre d'Inerbio).
Au point de départ du projet :
« le constat que la plupart des produits biologiques alimentaires ne sont pas éco-conçus », explique Vincent Lafaye, dirigeant de Food Développement et coordinateur de Biotifood.
« A partir d'une première phase d'étude sur les attentes des consommateurs de produits bio, nous avons fait travailler des étudiants en design sur l'emballage de produits existants ».
Les Coteaux Nantais,
Nature et Aliments,
Arbadea,
Nature et Compagnie ou encore
Bioporc,
Bodin,
Cléa et
AFI se prêtent au jeu. Résultat : une dizaine de maquettes de produits
revus sous l'angle de l'éco-conception. «
Certains projets ne peuvent pas aboutir en l'état », commente Vincent Lafaye,
« une barrière technique liée à des questions de durée de conservation ou de perméabilité de l'emballage nécessite de travailler plus en profondeur ». D'autres sont plus aboutis, comme l'emballage du saucisson sec de la société vendéenne
Bioporc, (designer Jérôme Agez), bientôt commercialisé :
« un nouvel emballage, entièrement biodégradable et biocompostable, qui sert de planche à découper ».
Forts de ce succès, les acteurs de Biotifood travaillent sur une deuxième phase du projet, qui s'inscrira dans une action collective avec d'autres entreprises. Il faudra attendre le début de l'année prochaine pour en savoir un peu plus. D'ici là, les maquettes déjà réalisées seront exposées à
l'école d'architecture de Nantes à partir de fin novembre.
* copyright Studio ARGENTIC & NUMERIC (Christophe BORNET).