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La BN investit et le BN se bonifie...


Bernard Saje, Directeur de l'usine BN de VertouTrès souvent évoquée dans la presse au cours de ces dernières semaines, la Biscuiterie Nantaise a amorcé depuis plusieurs mois d'importants changements dans sa production, essentiels pour son avenir. Quelles ont été les grandes lignes de ces derniers bouleversements et comment l'usine vit-elle sa relation avec notre territoire, berceau de son origine ? Réponses de Bernard Saje, Directeur du site de Vertou...



Le BN a beaucoup été à l'honneur ces derniers temps, le mythique « Choco BN » avait-il pris un « coup de vieux » ?
C'est toujours le BN de notre enfance, mais en mieux...
Nous avons souhaité garder la forme qui est emblématique du produit et qui laisse le chocolat apparent ; avec le sourire, les yeux, un visage qui vit.
A part cela, tout le reste a évolué : l'aspect nutritionnel avec des céréales complètes, la suppression des matières grasses hydrogénées ; le goût, renforcé avec un biscuit plus croustillant ; et le packaging favorisant une meilleure conservation, une plus grande praticité et un meilleur respect de l'environnement.
Sur l'ensemble des attentes des consommateurs, nous avons innové !

Repères 

395 salariés, dont 340 à la production

Une collaboration avec une trentaine de fournisseurs locaux

6 millions d'euros d'investissements

35 % de croissance sur les BN
Quels ont été les investissements engagés pour ces modifications ?
Les modifications sur les chaînes de production ont été de deux natures.
La première, au niveau de toute la partie « recette », afin d'être en mesure d'intégrer les nouveaux ingrédients dans les chaînes de pétrissage.
Deuxième adaptation plus importante, toute la partie emballage. L'ensemble des machines de conditionnement a été changé.
La totalité de ces transformations a représenté un budget de plus de 3 millions d'euros. C'est donc un projet total de plus de 6 millions, puisqu'ont été investis 3 millions d'euros sur la partie communication.

Et pouvez-vous dès maintenant en mesurer l'impact sur les ventes ?

Aujourd'hui, avec l'accompagnement publicitaire lancé il y a six semaines (courant août), le nouveau produit, lancé sur le marché en juin, connaît un véritable succès.
Pour preuve, sur une comparaison semaine après semaine, la croissance depuis la campagne publicitaire est de l'ordre de 35 %. L'impact est donc immédiat et exceptionnel pour un produit  aussi important que le Choco BN.

Quelle est la stratégie du groupe UB pour le site de Vertou ?

Sa stratégie est de produire le maximum de notre gamme en interne. Ainsi, nos chaînes avaient déjà connu des modifications auparavant, avec le rapatriement de produits de Belgique et d'Espagne. On avait, jusqu'en 2006, deux produits importants de notre gamme qui étaient fabriqués à l'extérieur : le « Spéculos » (de la marque Delacre - groupe UB) qui était fabriqué en Belgique, et le fameux « Casse-croûte », en Espagne jusqu'en septembre 2008, date à laquelle il a démarré à Vertou.
Le souci était aussi de pouvoir gérer ces produits, d'en avoir la maîtrise complète au niveau de la qualité, ce qui est aussi très important. Il s'agissait donc d'apporter de l'activité et également d'en avoir la maîtrise.

Quels ont été les changements organisationnels liés à ces modifications ?
Cela a changé beaucoup de choses, en terme technologique, industriel, car pour réaliser ces produits, certains équipements ont dû être adaptés, d'autres étaient à remplacer. C'est le cas notamment pour le « Casse-croûte », dont le rapatriement a entraîné un budget proche d'un million d'euros et autour de 500 000 euros pour les « Spéculos ».
Puis également en terme d'emplois, puisque l'on parle de 2 500 tonnes de « Casse-croûte » et 600 tonnes de « Spéculos ». Sur les deux produits, nous sommes donc à plus de 3 000 tonnes, ce qui représente une activité qui a permis de maintenir ou de créer des emplois sur l'ensemble de ces projets, soit environ une trentaine. Nous attendons de voir ce que donneront les nouveaux lancements pour prendre les dispositions adaptées en termes d'effectifs.
Aujourd'hui, le site compte 395 personnes, dont 340 en production.

Quelles relations entretenez-vous avec le territoire ? Votre appartenance au territoire a-t-elle aujourd'hui un sens ?

La réponse est en fait dans le nom : BN, Biscuiterie Nantaise. A mon sens, il faut maintenir cela. Le fait d'avoir un rattachement, un lien, une origine régionale. Même si nous sommes un groupe international, il n'en est pas moins que cela a une signification, car avant tout, ces produits sont fabriqués par 395 personnes originaires de Nantes ou de sa proche banlieue. Et s'il ne fallait qu'une seule raison, je dirais qu'elle est là. Parce que tous ces produits qui circulent dans la France entière, voire dans le monde, sont avant tout, créés par des Nantais, ici, et place François II, il y a plus de 100 ans...C'est une histoire plus que centenaire. Oui, cela a réellement des valeurs fortes. Et il me parait très important d'avoir ce relationnel. Votre visite, aujourd'hui,  n'en est-elle pas un peu la concrétisation ? On se doit de travailler ensemble.
L'histoire n'est jamais simple, et c'est une raison supplémentaire pour maintenir ces valeurs, car l'union fait la force. Et tout cela parle, bien sûr, et je crois beaucoup qu'un succès n'arrive jamais seul, mais parce qu'on est réuni, que l'on avance ensemble de façon la plus homogène et la plus cohérente possible.

Vous appuyez-vous sur des compétences locales ?
Oui. Dans la mesure du possible, nous essayons de favoriser une activité locale : nos farines arrivent de  Surgères ; nos produits sucriers, jusqu'à aujourd'hui, viennent de chez Beghin Say (Tereos) ; certains fournisseurs de cartons sont également très proches voisins de la région nantaise.
Lorsque la ressource est proche et qu'elle est compétitive, nous faisons notre possible pour favoriser ce développement local.
Ceci est également le cas des fournitures de services, en particulier dans le domaine des prestations industrielles (nettoyage, mesures d'hygiène, de propreté, d'audit, de contrôle, maintenance), pour lesquelles nous faisons appel à des prestataires locaux.
Au total, le nombre de fournisseurs qu'ils représentent, se situe aux alentours d'une trentaine, pour un chiffre d'affaires qui dépasse les 5 millions d'euros (plus de 50 % du montant total de nos prestations ).

Et qu'en est-il de vos perspectives d'avenir ?
Il reste encore beaucoup de challenges à relever, que nous ne pouvons pas développer aujourd'hui, pour que le site de Vertou atteigne l'envergure qu'on attend de lui. Concernant les marques de distributeurs, il est clair qu'elles représentent un secteur en croissance.
Nous évaluons effectivement la capacité de pouvoir être présents sur ces marchés, sur lesquels aujourd'hui nous ne sommes pas ou peu et que nous souhaitons développer grâce notamment à notre nouvelle ligne de fabrication.
A l'heure actuelle, je suis très confiant, car beaucoup d'actions ont été mises sur les rails, pour poursuivre l'impulsion de croissance et nous avons encore beaucoup de belles histoires à écrire... De nouvelles saveurs, de nouveaux conditionnements à inventer...


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