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Un cyclotron



En 2008, les chercheurs disposeront, à Nantes, d'un cyclotron de haute énergie en particulier pour la recherche médicale sur le cancer.

L'Etat, la Région Pays de la Loire, l'Europe et les collectivités territoriales partenaires se sont associés pour réaliser ensemble cet équipement de niveau international unique en Europe par ses caractéristiques et capacités techniques, qui structure un axe majeur du cancéropole grand ouest.
Un projet fédérateur

C'est en décembre 2003 que le projet a été adopté par l'Etat, et placé au rang des grands équipements scientifiques en France. Il est porté scientifiquement par l'université de Nantes et validé par le Ministère de la Recherche, l'INSERM et le CNRS.

Le futur équipement sera installé à Saint-Herblain près du CHU nord et du centre régional de lutte contre le cancer René Gauducheau.

L'État en financera 28 % , les collectivités territoriales partenaires 52% et l'Union européenne (FEDER) 20%. Son fonctionnement sera couvert par les participations de l'INSERM, du CNRS, de l'Ecole des Mines de Nantes, de l'université de Nantes et du centre régional de lutte contre le cancer René Gauducheau.

Des entreprises de biologie médicale, notamment CISBIO International, utiliseront également l'équipement, permettant de couvrir une part du coût de fonctionnement annuel.



repères 


Un bâtiment d'accueil de 2 000 m²

Un équipement de 4m de diamètre

Un investissement de 30 millions d'euros

Un coût de fonctionnement annuel de 1,5 million d'euros

Un accélérateur pour la recherche médicale

L'installation à Nantes d'un cyclotron à haute énergie est motivée par des besoins en matière de recherche fondamentale et clinique dans des domaines qui requièrent une forte coopération scientifique et technologique entre la cancérologie nucléaire et la radiochimie, deux disciplines bien implantées dans le grand ouest.

L'objectif de ce cyclotron est la conception, la production et l'utilisation de radioisotopes au bénéfice de la recherche en médecine nucléaire dans les laboratoires et services hospitaliers européens.

Cette spécialité médicale, mal connue du grand public, est pratiquée depuis plus de 40 ans. Elle consiste à administrer des médicaments radioactifs pour réaliser des diagnostics (par imagerie scintigraphique) ou des traitements (par radiothérapie). L'idée est d'être en capacité de « bombarder à bout portant » des tumeurs cancéreuses en apportant des médicaments radioactifs à leur proximité immédiate.

Le projet scientifique repose sur des unités de recherche de l'INSERM spécialisées en médecine nucléaire et sur un laboratoire spécialisé en physique des particules : l'unité mixte de recherche Subatech. Il doit permettre la conduite de programmes de recherche interdisciplinaires pour les équipes de Nantes, Angers, Rennes, Brest, Tours et Poitiers, mobilisées au sein du cancéropole grand ouest.

Le conseil scientifique international constitué pour suivre le projet est présidé par le professeur Frans CORSTENS, président de l'association européenne de médecine nucléaire.

Le cyclotron, comment ça marche ?

Un cyclotron est un équipement scientifique qui fait partie de la famille des accélérateurs de particules, de même que les accélérateurs linéaires, les synchrotrons, etc. Les accélérateurs peuvent avoir des tailles très variables, du téléviseur à écran cathodique au futur accélérateur LHC (large hadron collider) du CERN (centre européen de recherche nucléaire) à Genève qui fera 27 km de circonférence.

Dans le cas de Nantes, le cyclotron sera une machine d'environ quatre mètres de diamètre dans un bâtiment d'environ 2 000 m2. Les particules accélérées seront des protons (noyaux de l'atome d'hydrogène) ou des particules alpha (noyaux de l'atome d'hélium). L'énergie maximum des particules sera de 70 MeV (70 millions d'électron-volts).

Un noyau est le « grain » central d'un atome. Les atomes d'hydrogène ou d'hélium ont une taille d'un dixième de milliardième de mètre. Leurs noyaux sont encore 50 000 fois plus petits.

Le cyclotron nantais sera composé d'un gros aimant circulaire d'environ quatre mètres de diamètre. Entre ces deux pièces règnent un champ magnétique qui fait tourner les particules et un champ électrique alternatif qui accélère leur mouvement à chaque tour : elles décrivent des cercles de plus en plus grands. Lorsque le rayon de la trajectoire atteint la limite extérieure de l'aimant, les particules sont éjectées, guidées et focalisées jusqu'à une cible où elles peuvent être utilisées pour la recherche.

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